« Voir les arts visuels de nos contrées transcender les frontières et se hisser au sommet »

Tel est le rêve de Ulrich Kenmegne Kom, Promoteur de la startup DECART, jeune scénographe virtuel titulaire d’un Master en Patrimoine et Muséologie. A travers son initiative, il souhaite offrir un espace de promotion et de diffusion des œuvres des jeunes artistes peintres camerounais.

 

D’où est partie l’initiative de créer une plateforme virtuelle d’exposition ?

J’ai débuté dans les arts visuels assez tôt avec un Baccalauréat AF2 Peinture, obtenu à l’Institut de Formation Artistique (IFA). Ensuite je suis entré à l’Institut des Beaux-Arts (IBA) où j’ai étudié tour à tour les Musées et le Patrimoine. Ce qui m’a conduit à présenter une monographie en fin de cycle Licence sur la création d’une galerie dédiée aux étudiants et jeunes artistes. Lors de mon étude de terrain pour la rédaction de ma monographie, celle-ci portait sur la création d’une galerie universitaire où les aspirants artistes pourraient exposer leurs talents aux yeux du monde sans toutes les contraintes des espaces d’exposition. Pendant cette recherche, j’ai eu à manquer plus d’une exposition déterminante pour les résultats de mes travaux. La frustration ressentie m’a fait penser à un point crucial dans mon travail, comment faire en sorte que quelqu’un qui soit dans l’incapacité de se déplacer pour une exposition puisse la voir ? C’est sur cette réflexion que le concept de galerie virtuelle s’est peu à peu imposé, jumelé à cette même volonté de donner aux jeunes talents la possibilité de mettre leur art en avant. En Master, j’ai présenté dans le cadre de mon mémoire la conception et la réalisation du Musée des Indépendances (virtuel). C’est l’ensemble de tous ces éléments qui ont conduit à ce projet Découverte Artistique (DECART).

C’est quoi DECART concrètement ?

DECART (DECouverte ARTistique) est une jeune startup qui a été lancée en mai 2019, avec pour mission la promotion et la démocratisation des arts visuels du Cameroun et ailleurs, aux travers des multiples outils qu’offre la génération digitale. Elle est née au sein de l’Institut des Beaux-Arts de l’université de Douala à Nkongsamba, et a reçu l’appui et les encouragements du chef de département de la filière Patrimoine et Muséologie Dr Rachel Mariembe. DECART poursuit essentiellement le but de faire découvrir de nouveaux talents et les mettre en avant à travers le monde, grâce aux formidables outils qu’offre le numérique. 80% de son équipe est constitué de jeunes professionnels issus de l’Institut des Beaux-Arts de Foumban (IBAF) et des étudiants de l’Université de Yaoundé I,  de l’IBA qui se surpassent chaque jour pour atteindre ce rêve commun que nous portons cher à nos cœurs : voir les arts visuels de nos contrées transcender les frontières et se hisser au sommet.

Il se tient actuellement une exposition initiée par vous sur le thème « Le chemin au bout du Tunnel ». Quels en sont les résultats attendus et sont-ils satisfaisants jusqu’ici ?

Le but visé au travers de l’exposition « Le chemin au bout du Tunnel » était principalement de mettre en avant le fruit des cinq années de formation qu’ont suivi les artistes exposés ; montrer au jeune talent qui craint les espaces d’expositions qu’il juge parfois trop exigeants et sélectifs, qu’il existe d’autres moyens pour faire découvrir son art et se rapprocher de l’artiste accompli qu’il souhaite devenir. À ce stade de l’évènement je pense que l’on peut dire que l’objectif principal a été atteint, preuve en est que vous avez pu découvrir le fruit de ces talents que vous ne soupçonneriez même pas.

Quels étaient les critères de sélection des participants ?

Pour cette première sortie de notre projet annuel « Dans les coulisses des campus », l’exposition présentée sous le thème « le chemin au bout du tunnel », a présenté le travail de quelques jeunes talents de diverses universités dont 03 de l’Institut des Beaux-Arts de l’Université de Douala à Nkongsamba (Jean Rivain Ngue Fopa, Scotty Bami, Germain Dimitri Pepogo), 01 artiste de l’Université de Yaoundé I (René Ndongo Abomo), 01 artiste de l’Institut des Beaux-Arts de Foumban (Arnaud Nzesseu Kouekap) et 05 non encore diplômés actuellement étudiants de l’IBA (Ondoa Kamdem, Nasser Tangmo, Kevin Wabo, Youta Ngueussi, Carel Kouekam). La sélection pour cette édition a été simple. Nous avons lancé un appel à contribution dans les forums d’étudiants de l’Université de Yaoundé I, de l’IBAF et de l’IBA (l’Institut des Beaux-arts de Nkongsamba). L’exposition s’est montée au tour de ceux ayant répondu présent. Toutefois, des prochains projets d’exposition sont en gestation et nous sommes également ouverts à tout artiste ou jeune talent qui voudrait profiter de notre espace virtuel pour exposer son art ; pour ce faire il peut nous laisser un email sur decart-service@gmail.com ou simplement nous écrire sur l’un de nos profils sociaux (Facebook, Twitter ou Instagram).

Avez-vous un commentaire à faire sur le travail de ces jeunes artistes ?

Sans vouloir mettre une casquette de critique d’art, s’il fallait faire un commentaire sur ces travaux je dirais que toutes ces jeunes pousses d’artistes font montre d’une certaine maitrise technique. Les sujets qu’ils abordent sont d’actualité et contribuent ainsi, soit à la construction d’une identité culturelle pour certains, soit participe à la sensibilisation sur des fléaux sociaux pour d’autres, ou encore à la déconstruction des idées reçues et erronées pour d’autres encore. L’engagement dans ces combats qu’ils ont choisis joint à leurs niveaux techniques en constante amélioration leur garantit une part importante de la scène artistique camerounaise et mondiale. Un article détaillé sur leurs travaux et leurs démarches sera bientôt mis en ligne sur notre site www.decart-galerie.com pour plus de détails concernant ces talents.

Des perspectives pour l’avenir ?

Nous sommes actuellement en pourparlers avec des espaces d’exposition physique pour la virtualisation des expositions de certains artistes confirmés actuellement exposés chez eux. Nous avons également entrepris des démarches pour l’intéressement des artistes issus des universités non représentées dans cette édition, notamment l’université de Maroua pour qui nous prévoyons également la deuxième édition d’une journée d’initiation et de formation aux expositions virtuelles dont la première se tiendra au sein de l’IBA très prochainement. De plus nous projetons également d’apporter notre appui technique aux musées qui se sont lancés dans le processus de virtualisation de leurs expositions.

Visiter la galerie ICI.

Visiter notre Site Web

Nous rejoindre sur Facebook

Nous suivre sur Twitter

Joël Essimi

Share on facebook
Facebook
Share on twitter
Twitter
Share on linkedin
LinkedIn

Dans la même rubrique

Au top

EN FAMILLE

MONDE