Ngaoundéré : libération de 70 jeunes détenus et torturés dans une école coranique

Soixante-dix jeunes retrouvés enfermés dans une école coranique au quartier 12 poteaux à Ngaoundéré (Adamaoua) et présentant des traces visibles de sévices corporels ont été libérés, a annoncé la radio nationale ce mardi 24 mai.

Selon le média public, ils étaient retenus dans des conditions inhumaines dans cet établissement coranique transformé en centre de détention illégal. Plusieurs d’entre eux ont déclaré avoir été régulièrement battus, enchaînés et affamés.

« J’ai passé un mois enchaîné dans cette chambre, sans voir le dehors. Je ne me suis pas lavé depuis que je suis arrivé ici », a déclaré un ancien captif. « On ne mangeait pas ici. Ils nous chicotaient, nous enchaînaient pendant que nos parents pensent que nous sommes à l’internat », a rétorqué un autre.

Ils ont été admis à l’hôpital pour bénéficier de soins appropriés. Libérés lors d’une descente du gouverneur de l’Adamaoua, Kildadi Taguieke Boukar, ces 70 jeunes bénéficient des soins de santé dans une formation hospitalière. Cette descente fait suite à une dénonciation anonyme, apprend-on.

« Ce qui se passe ici est contre nature. C’est la privation de liberté. Nous condamnons les sévices. Nous sommes à l’ère de la liberté », a déclaré le gouverneur. L’autorité administrative a ordonné la fermeture de ce centre et le « maître » coranique est placé en garde à vue. Il devrait prochainement être présenté devant le procureur.

Le prévenu aurait affirmé que ces enfants sont des délinquants ou des malades mentaux à lui confiés par les familles pour les « redresser ». Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur cette affaire. En août 2015, la police avait libéré 69 garçons et deux filles retenus captifs dans une école coranique au quartier Haoussa, à Ngaoundéré.

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