Madagascar : Une solution peu couteuse contre la malnutrition

A 6 centimes d’euro la portion, la « farine de vie » de l’entreprise Nutri’zaza permettra de de couvrir les besoins journaliers en micronutriments des enfants de 6 à 24 mois ; une opportunité particulièrement bienvenue pour les enfants souffrant de malnutrition à Madagascar.

Selon la Banque mondiale (BM), un enfant sur deux souffrait de malnutrition en 2019 dans le pays. Une situation principalement due à la forte pauvreté ambiante, mais surtout à la consommation excessive de riz, qui est un aliment loin d’être adapté à la croissance de l’enfant.

« Bien souvent, les mères donnent du riz à leur bébé dès 6 mois, voire avant, souligne Mandresy Randriamiharisoa, le directeur de Nutri’zaza. Le riz est un pilier de la culture malgache, on en mange trois fois par jour, et de grosses quantités. C’est très important pour les familles que les enfants aiment le riz, mais ce n’est pas un aliment adapté pour la croissance des petits. Souvent, au goûter, on leur donne aussi des composés, un mélange de pâtes malgaches, de gras de porc et de macaronis qu’on trouve dans les gargotes. Ça, c’est vraiment le pire. »

La « koba aina » devient donc l’aliment adéquat pour ces jeunes enfants. La mixture composée de plusieurs types de farine (soja, maïs, riz et arachide), est très simplement Mélangée avec de l’eau pour un repas complet. Produite par l’entreprise Nutri’zaza, l’accessibilité de cette bouillie est facilité à tous par les vendeuses ambulantes qui s’assurent que chaque famille reçoive sa portion quotidienne, moyennant la modique somme de 300 ariary, soit 0,06 euro. Ces femmes recrutées au sein même des communautés parcourent en moyenne 6 km à pied chaque jour.

« Ce sont des femmes qui vivent dans les quartiers et que nous avons recrutées, indique Mandresy Randriamiharisoa, directeur de Nutri’zaza. Les gens les connaissent très bien, elles nous permettent de tisser des liens de confiance avec la population. Dans les endroits un peu chauds, cela permet aussi de faire la tournée sans être agressé. »

« J’en prends depuis deux ans, explique l’adolescent, engoncé dans son sweat kaki. Ça m’aide à garder mon poids. J’en donne aussi aux enfants de ma famille pour qu’ils aient autre chose que du riz. », raconte Léo, 14 ans, qui comme beaucoup d’autres enfants ne souffrira pas du manque de diversité alimentaire, qui peut avoir des conséquences graves sur le développement physique et intellectuel.

Près de 59 millions de « repas » ont ainsi été distribués depuis le lancement de Nutri’zaza, en 2013. Et depuis le début de la pandémie liée au coronavirus, les ventes ont encore accéléré. La prochaine étape, précise le directeur, sera d’améliorer la formule de la farine sans en augmenter le prix.

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