Lutte contre le paludisme : « Zéro Palu ! Je m’engage »

On sait depuis très longtemps déjà comment guérir le paludisme, mais il tue toujours autant.

Le 25 avril de chaque année est l’occasion de faire le point sur la lutte contre cette maladie endémique. Cette année à l’occasion cette journée, l’OMS s’associe au Partenariat RBM (Roll Back Malaria) pour en finir avec le paludisme afin de promouvoir « Zéro Palu ! Je m’engage », une campagne de terrain qui vise à ce que le paludisme reste une priorité politique et sanitaire, à mobiliser des ressources supplémentaires et à donner aux communautés les moyens de prendre en main la prévention et la prise en charge de la maladie.

Au niveau mondial, le nombre de cas de paludisme a été estimé à 228 millions en 2018 contre 251 millions en 2010. La plupart des cas (213 millions ou 93 %) ont été enregistrés en 2018 en Afrique subsaharienne. Pour ce qui est des décès, le nombre dû au paludisme a été estimé au niveau mondial à 405 000 en 2018, contre 416 000 en 2017 et 585 000 en 2010. À elle seule, l’Afrique a enregistré en 2018 94 % des décès liés au paludisme selon l’OMS.

Il est clair que le leadership et l’action collective des pays permettent de réduire considérablement les souffrances et de faire baisser sensiblement le nombre de décès dus au paludisme. En effet, entre 2000 et 2014, le nombre de décès imputables au paludisme a baissé de 40 % au niveau mondial, passant de 743 000 à 446 000 selon les estimations., les personnes les plus vulnérables demeurant les enfants et les femmes enceintes.

En 2018, près de 11 millions de femmes enceintes vivant dans des zones de transmission modérée à élevée en Afrique subsaharienne auraient été exposées à une infection palustre. Ces femmes ont donné naissance à quelques 872 000 bébés présentant un faible poids à la naissance (soit 16 % de tous les enfants avec un faible poids à la naissance dans ces zones).

De plus, on constate une stagnation ces dernières années. Selon le Rapport sur le paludisme dans le monde 2019 de l’OMS, le nombre de nouvelles infections n’a pas reculé entre 2014 et 2018. Il y a eu presque autant de décès dus au paludisme en 2018 que l’année précédente.

Néanmoins, presque tous les pays concernés réagissent et s’attèlent à mettre en place des solutions efficaces. Depuis 2002 au Cameroun par exemple, le pays a élaboré un Plan Stratégique National de Lutte contre le Paludisme qui a été restructuré en Programme National de Lutte contre le Paludisme pour le rendre plus opérationnel et plus efficace. Plusieurs mesures sous-tendent ainsi ce programme, à savoir :

  • La prise en charge communautaire du paludisme simple par les Agents de Santé Communautaires ;
  • L’organisation de 4 cycles de Chimio Prévention du Paludisme Saisonnier dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord (distribution des moustiquaires et des médicaments prophylactiques) de juin à octobre de chaque année à raison d’un cycle par mois ;
  • La prise en charge du paludisme grave dans les formations sanitaires ;
  • La prévention du paludisme par l’utilisation des moustiquaires imprégnées et le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte ;
  • L’organisation d’un système de collecte de données.

Il reste tout de même qu’il faut insister sur les mesures de prévention contre le paludisme. L’Association Seed of Health And Development (SHAD) a à cet effet rappelé ces mesures à respecter pour se prémunir de la maladie :

  • Dormir sous une moustiquaire imprégnée à longue durée d’action ;
  • Assainir son environnement en détruisant les marres d’eau autour des maisons qui sont les nids de moustiques ;
  • Prendre des traitements prophylactiques contre le paludisme ;
  • Communiquer sur les moyens de prévention ;
  • Se rendre dans un centre de santé en cas de paludisme grave.

Au demeurant, l’urgence de l’action se fait toujours autant ressentir, d’autant plus qu’en cette période où la pandémie de COVID-19 sévit, la vulnérabilité des enfants et des femmes enceintes est encore plus accrue. La campagne « Zéro Palu ! Je m’engage » mobilise ainsi l’ensemble des membres de la société, à savoir les dirigeants politiques qui contrôlent les décisions politiques et les budgets publics, les entreprises du secteur privé qui bénéficieront d’une main-d’œuvre non touchée par le paludisme et les communautés touchées par la maladie, dont l’adhésion aux interventions de lutte contre le paludisme et la prise en main de celles-ci sont essentielles pour en assurer la réussite. Il s’agit de fédérer les énergies afin que non seulement tout le monde se sente concerné par la maladie, mais aussi que l’impact de nos actions soit plus important.

Joël ESSIMI.

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