Extrême-Nord : Les victimes de la crise sécuritaire retournent à l’école

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Les petits écoliers de Mora reprennent le chemin de l’école, après plusieurs mois en dehors de toute forme de scolarisation.

Africanews a fait un tour dans une concession qui accueille avec peu de moyens, ces enfants qui accusent un énorme retard scolaire du fait de l’instabilité sécuritaire qui prévaut dans la région. Une salle de classe improvisée où l’on apprend les mathématiques, les sciences ou le français à des enfants, premières victimes de la guerre contre Boko Haram.

« Ils n’ont pas là où dormir la nuit, même ici les chambres sont aussi insuffisantes, et pire ils n’ont pas à manger. Ils font de la mendicité, ils mangent une partie de la nourriture qu’on leur remet la moitié et le reste ils gardent pour le lendemain. » Raconte Mamma Kellou, maîtresse du CP de l’école Salam. Un quotidien difficile pour ces enfants de la guerre.

D’après les dernières statistiques de l’UNICEF, plus de 100 000 enfants ont été chassés des salles de classe à cause de la guerre contre Boko Haram. Beaucoup ont perdu leurs parents dans des conditions horribles, selon un constat fait par l’ONG Youth Local Corner. Une situation qui a poussé l’organisation à mettre sur pied l’initiative Salam pour leur venir en aide.

« Beaucoup d’entre eux sont traumatisés parce qu’ils ont vu leurs parents se faire tuer, explique Christian Achaleke, coordinateur de l’ONG. lIs ont fui dans la brousse, et ils ont de nombreux problèmes. Nous avons remarqué que généralement certains d’entre eux sont même recrutés par des extrémistes pour devenir des kamikazes. Donc il était important d’avoir une réponse psycho-sociale et nous avons pu obtenir des changements. »

L’ONG a recruté un groupe de jeunes qui vient en aide à ces enfants victime de la guerre et qui trouvent parfois refuge chez des marabouts.

« Nous travaillons aussi à leur réintégration dans des écoles classiques, car notre programme n’est pas traditionnel. Mais, nous nous assurons de leur apprendre les bases de la langue, les mathématiques et autres matières, avant de les préparer à intégrer des écoles classiques. A Mora, beaucoup d’écoles ont été attaquées. « 

Grâce à l’ONG, un partenariat a été créé avec les écoles gouvernementales afin que les meilleurs élèves retrouvent un cursus normal. Cette année le programme a permis à 20 de ces enfants, de reprendre le chemin de l’école comme tous les autres.

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