Éducation : ce que les grévistes veulent changer dans le statut particulier des enseignants

La commission de révision du statut des enseignants, mise en place par le collectif On a trop supporté (OTS), vient de rendre sa copie sous la forme d’un document intitulé « Proposition de réaménagement et de révision du statut spécial des enseignants ».

Le collectif, qui observe une grève dans les établissements secondaires publics depuis plus de trois semaines, promet d’adresser ce document au président de la République. « Nous regrettons que cette proposition ait atterri sur la place publique avant même d’arriver chez le président », se désole un membre de OTS proche de cette commission.

Pour les grévistes, cette révision est devenue l’une des principales revendications de ce débrayage. Ils souhaitent tout d’abord passer d’un statut particulier à un statut spécial, comme c’est le cas dans la magistrature et la police. Mais en réalité, il ne s’agit pas seulement d’une question sémantique. « Sur le plan juridique, le statut spécial est plus privilégié que le statut particulier parce qu’il accorde, en dehors du statut général, des éléments spécifiques. Un statut spécial accorde toujours des avantages de manière exceptionnelle », explique un avocat du barreau du Cameroun.

La commission qui a travaillé sur cette proposition de révision n’a donc pas hésité à demander des avantages « exceptionnels ». À commencer par une revalorisation du salaire de base par catégorie. À titre d’exemple, pour la catégorie A2, la plus élevée, les enseignants proposent que le salaire de base passe d’environ 210 000 FCFA à 280 000 FCFA.

Ils s’octroient aussi de nombreuses primes, comme la prime d’entretien de véhicule pour les enseignants qui cumulent plus de 5 ans de service de 15 000 FCFA. Sans oublier les primes revendiquées par les grévistes depuis quelques semaines : la prime de technicité de 30 000 FCFA, la prime de recherche de 50 000 FCFA ou encore la prime de risque et d’éloignement de 50 000 FCFA. C’est en tout une palette de 15 primes.

L’autre pomme de discorde entre les enseignants et le gouvernement est le plafond des indices. Dans le statut particulier, ce plafond était de 1 140. Les grévistes font remarquer que les enseignants atteignent déjà cet indice de plus en plus tôt, parfois avant l’âge de 50 ans. « Ces derniers sont obligés de travailler gratuitement », mentionne un membre de OTS. Pour réparer cette « injustice », les grévistes proposent de rehausser le plafond de l’indice à 1 400.

Cette proposition doit maintenant faire l’objet d’une discussion entre le collectif OTS et le gouvernement. Les membres du collectif OTS avouent qu’ils sont prêts à négocier.

SBBC

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