Crise de la nutrition : les cinq fondements selon l’Unicef

Les enfants de moins de 2 ans ne reçoivent pas les aliments ou les nutriments essentiels à leur épanouisse- ment et à leur croissance. Ce qui risque de nuire de manière irréversible à leur développe- ment.La situation pourrait « fortement empirer » avec Covid-19.

La hausse de la pauvreté, les iné- galités, les conflits, les catastrophes climatiques et les urgences sanitaires telles que la pandémie de Covid-19 entretiennent une véritable crise de la nutrition chez les plus jeunes, crise qui n’a connu que peu d’amélioration au cours de la dernière décennie.

Le Fonds des nations unies pour l’Enfance (Unicef) lance une mise en garde dans son rapport « L’échec dans l’assiette ? La crise de l’alimentation dans la petite enfance », publié en amont du Sommet de l’Organisation des Nations Unies (Onu) sur les systèmes alimentaires qui se tient cette semaine.

« Les conclusions du rapport sont sans appel : alors même qu’ils se trou- vent à un stade crucial de leur développement, des millions d’enfants en bas âge ne bénéficient pas d’une alimentation appropriée », a déclaré Henrietta Fore, Directrice générale de l’Unicef.

Pendant la période charnière de transition aux aliments solides, seul un enfant sur trois bénéficie d’une alimentation suffisamment diversifiée pour bien grandir . Or , « Un apport nutritionnel insuffisant au cours des deux premières années de leur vie peut nuire de façon irréversible au développement de leur corps et de leur cerveau, alors en pleine croissance, et donc à leur éducation, à leurs perspectives d’emploi et à leur avenir », regrette Henrietta Fore.

Et de rappeler : « Ce constat est connu depuis des années, et pourtant, peu de progrès ont été réalisés pour que les jeunes enfants consomment des aliments adaptés à leur âge, nutritifs et sûrs. Une situation que la crise persistante de la Covid-19 risque de surcroît d’aggraver. »

Transformer les systèmes alimentaires

Les enfants de moins de 2 ans sont les plus vulnérables à toutes les formes de malnutrition – retard de croissance, émaciation, carence en micronutriments, surpoids et obésité – causées par une mauvaise alimentation. Car, c’est au cours de cette période que leurs besoins en nutriments essentiels par kilogramme de masse corporelle sont les plus importants.

Dans, le monde, plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans touchés par l’émaciation, soit près de 23 millions d’enfants, se situent dans la tranche d’âge 0-2 ans. La prévalence du retard de croissance augmente rapidement entre 6 mois et 2 ans lorsque l’alimentation n’est pas suffisante pour satisfaire à leurs besoins nutritionnels croissants.

Selon le rapport, les enfants âgés de 6 à 23 mois vivant en zone rurale (23 %) ou dans des ménages pauvres sont nettement plus susceptibles de recevoir une moins bonne alimentation que les enfants vivant en zone urbaine (39 %) ou issus de milieux plus riches.

Afin que tous les enfants bénéficient d’une alimentation nutritive, sûre et abordable, l’Unicef appelle les gouvernements, les bailleurs de fonds, les organisations de la société civile et les acteurs du développement à œuvrer conjointement à la transformation des systèmes alimentaires, de santé et de protection sociale au moyen de mesures clés dont :

renforcer la disponibilité et l’accessibilité financière des aliments nutritifs, tels que les fruits, les légumes, les œufs, le poisson, la viande et les aliments enrichis, en encourageant leur production, leur diffusion et leur distribution ;

mettre en place des normes et une législation à l’échelle nationale afin de protéger les jeunes enfants contre les aliments et les boissons transformés et ultra-transformés néfastes pour la santé et de mettre fin aux pratiques de commercialisation préjudiciables qui ciblent les enfants et les familles ;

Augmenter l’attractivité des aliments nutritifs et sûrs via l’utilisation de plusieurs canaux de communication, y compris les médias numériques, afin de fournir aux parents comme aux enfants des informations cohérentes et faciles à comprendre.

Le rapport souligne par ailleurs qu’avec des investissements, des progrès sont possibles.

Nadège Christelle BOWA | Le Messager

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