Allaitement maternel : Les hommes également responsables

Si dans nos sociétés africaines le rôle du père ne le prédispose pas à assister la maman pendant les premiers jours du bébé, il est de plus en plus admis qu’il est aujourd’hui nécessaire qu’il s’implique, notamment en ce qui concerne l’allaitement maternel.

« Soutenir l’allaitement maternel pour une planète plus saine ». C’est le thème choisi pour cette Semaine mondiale de l’allaitement maternel. Le but cette année est de « mettre en exergue les liens entre l’allaitement maternel et l’environnement ». Naturel et renouvelable, c’est-à-dire sans danger pour l’environnement, le lait maternel est le lait et même l’aliment le plus adapté pour les nourrissons jusqu’à leurs 6 mois tout au moins.

L’allaitement maternel est une pratique désormais fréquente et encouragée, surtout dans les premiers mois de vie de l’enfant. Les bénéfices pour l’enfant sont mis de l’avant et un discours social s’est organisé autour de ce mode d’alimentation.

Mais pour accompagner et encourager les mamans à nourrir leurs bébés au sein, les campagnes de sensibilisations ne suffisent pas toujours, une aide de proximité étant beaucoup plus bénéfique, en l’occurrence celle des papas.

En effet, étant les plus proches des femmes allaitantes, les papas sont les mieux placés pour leur apporter le soutien et les encouragements nécessaires pour nourrir les bébés au sein.

En 2019, un sondage réalisé montrait que 64% des femmes aimeraient que leur conjoint participe ou s’intéresse à l’allaitement de leur bébé. La présence du père est ainsi non seulement demandée, mais aussi nécessaire.

La documentation scientifique démontre de manière convaincante que les pères qui s’engagent activement, tôt dans la vie de l’enfant, sont plus susceptibles d’être disponibles à leurs enfants et de participer à leurs soins et à leur éducation lorsque l’enfant a deux ans.

Une étude intitulée « Les pères et l’allaitement sous l’angle du rapport au corps » par Jean-Marie Miron, Francine de Montigny, Carl Lacharité, publiée dans la revue internationale de l’éducation familiale, révèle que lorsqu’on interroge les pères, on constate qu’ils ont une attitude positive envers l’allaitement maternel, et généralement, de bonnes connaissances quant aux impacts sur l’enfant.

Par contre, certaines études américaines indiquent que des pères disent vivre l’allaitement comme une barrière rendant difficile l’accès à l’enfant et notent que l’allaitement a retardé leur engagement avec leur nouveau-né.

Ainsi, les pères révèlent plusieurs difficultés ou préoccupations face à l’allaitement, notamment le fait qu’il engendre un sentiment d’inefficacité de la part du père et qu’il limite les contacts père-bébé, précise l’étude.

Néanmoins, ces obstacles peuvent être surmontés par une implication des pères dès le début de la vie de l’enfant, c’est-à-dire à partir de la grossesse.

Les bienfaits de l’implication des partenaires sont ainsi démontrés. En effet, il a été prouvé que le soutien du partenaire aide à allaiter plus longtemps, double la probabilité d’allaiter au sein pendant les 6 premiers mois et développe le lien entre celui-ci et le bébé. Un lien tant recherché qui place désormais le père autant que la mère au centre de la vie du nouveau-né.

Même si une recherche menée par le Programme national nutrition santé en France (PNNS) en 2008 avait montré que les pères avaient peu de connaissances sur l’allaitement maternel, elle a aussi noté qu’ils étaient plutôt et de plus en plus demandeurs d’informations objectives.

Un moyen de les soutenir dans leur volonté d’accompagner leurs femmes serait donc de mettre des brochures d’information dans les salles d’attente d’hôpitaux et cabinets médicaux. La mise à disposition d’informations claires, fiables et objectives pourrait ainsi contribuer à réduire les effets des publicités faites par les fabricants de substituts au lait maternel.

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