L’encadrement des enfants victimes innocentes d’agression

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La protection des enfants doit être une priorité quand on sait que beaucoup trop sont encore aujourd’hui victimes de violence, de maltraitance ou d’agression sexuelle.

La journée du 4 juin est consacrée chaque année aux enfants victimes innocentes d’agression. Une occasion de rappeler à chacun sa responsabilité envers les plus petits, souvent très exposés à toutes sortes d’abus, qui ont besoin d’être protégés en toutes circonstances. Il est question lors de cette journée de reconnaître les souffrances endurées par les enfants du monde entier, victimes de violences physiques, mentales et émotionnelles, et de mettre l’accent sur l’engagement des Nations Unies dans la protection de leurs droits.

L’on a encore en mémoire le suicide du petit Yvan, tout juste âgé de 10 ans survenu à Douala le 26 mars dernier. Il venait de passer trois jours, enchainé dans sa chambre par son père. L’on se remémore aussi l’histoire de la jeune Sandrine, qui a récemment confié qu’elle était sexuellement abusée par son père depuis ses 14 ans. Des affaires similaires sont légions et les enfants en sont les seules victimes. Le but de ce type d’initiative est de dénoncer ces situations, afin de trouver des solutions adéquates pour permettre aux enfants de grandir en toute sécurité dans leurs familles, leurs écoles et tous autres cadres sociaux dans lesquels ils évoluent.

Le principal obstacle à la condamnation des individus coupables d’abus sur des enfants est le silence de ces derniers. En effet, une grande partie des enfants ayant subi une agression ou une maltraitance n’en parle pas immédiatement. La peur, la honte, la culpabilité ou la confusion qui suivent cet événement traumatique les empêchent de le verbaliser et de comprendre ce qu’il s’est passé. Il revient à l’entourage d’être attentif aux changements soudains observés chez l’enfant et de s’y intéresser. Ça peut être des traces physiques, ou psychologiques de sa détresse (repli sur soi, tristesse, détérioration des résultats scolaires, troubles du sommeil, etc..).

Tout enfant en danger doit être protégé par l’entourage, ou un professionnel de la protection de l’enfance (éducateur, professeur, infirmier, assistant social…) qui devra l’accompagner et le soutenir. Sur le plan légal, la loi oblige toute personne ayant connaissance de faits de maltraitance ou de violence à alerter les forces de l’ordre dès connaissance des faits.

Cette protection s’étend naturellement aux enfants orphelins, abandonnés ou encore vivant dans les zones de conflit et par conséquent plus exposés à toutes sortes d’abus.

Bien qu’étant encadrée au Cameroun par un arsenal juridique, la protection de l’enfance n’est pas encore optimale ; une situation qui souligne les efforts encore à fournir par le pays dans le combat contre les violences subies par les couches les plus vulnérables.

Joël ESSIMI.