Paludisme : utiliser un microbe pour stopper la transmission

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C’est la découverte récente d’une équipe de chercheurs du Kenya, du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud, qui pensent avoir trouvé une méthode efficace pour empêcher les moustiques de transmettre les parasites responsables du paludisme chez l’homme.

L’étude publiée par le journal Nature Communications a révélé qu’aucun des moustiques examinés autour du lac Victoria au Kenya, et qui se sont avérés être porteurs d’un microbe appelé Microsporidia MB, n’avait le parasite du paludisme.

Microsporidia MB est un microorganisme qui vit dans l’intestin et les voies de reproduction d’un moustique, lequel peut complètement le protéger contre l’infection par le plasmodium, le parasite responsable du paludisme, d’après les expériences menées en laboratoire.

L’étude suggère ainsi que le microbe pourrait renforcer le système immunitaire des moustiques pour combattre le parasite. Une autre possibilité serait que le microbe a un impact sur le métabolisme des insectes au point de le rendre inhospitalier pour le parasite.

Les biologistes du Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) de Nairobi, essayent toujours de comprendre comment les microsporidies bloquent réellement le parasite qui cause le paludisme.

« Les données que nous avons jusqu’à présent suggèrent qu’il s’agit d’un blocage à 100%, c’est un blocage très notable de la malaria », a déclaré à la BBC le Dr Jeremy Herren, du ICIPE.

Plus de 400 000 personnes sont tuées par le paludisme chaque année, la plupart étant des enfants de moins de cinq ans. Même si des progrès considérables ont été réalisés garce aux campagnes de distribution massive des moustiquaires imprégnées, ayant permis de réduire de 40% le nombre de personnes contaminées, les études indiquent que les mesures de contrôle actuelles sont insuffisantes et que la mise en place de nouvelles stratégies s’impose pour endiguer davantage la maladie. Voilà une découverte plus qu’intéressante qui sera sans aucun doute déterminante dans cette longue lutte qui, on l’espère touche à sa fin.

« C’est une nouvelle découverte. Nous sommes très enthousiastes quant à son potentiel pour la lutte contre le paludisme. Il a un potentiel énorme », a déclaré à la BBC le professeur Steven Sinkins, du Centre de recherche sur les virus de la MRC-Université de Glasgow

La stratégie des chercheurs est donc d’augmenter le nombre de moustiques infectés par ce virus, afin de les rendre inoffensifs pour l’homme.