La Bénoué engloutit 9 enfants en l’espace de 20 jours

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Du 21 mars au 10 avril, neuf enfants âgés entre 08 et 16 ans ont trouvé la mort dans la rivière Bénoué.

La fermeture des établissements scolaires intervenue le 18 mars dernier dans le cadre de la lutte contre le coronavirus laisse beaucoup d’enfants oisifs. C’est ainsi que certains enfants résidant près de la grande rivière Bénoué dans la région du Nord, décident pour occuper leur nouveau temps libre, d’aller faire des séances de natation ; sauf qu’ils ignorent le danger qu’ils encourent.

Les avertissements et mises en garde des parents n’y peuvent rien. Ils vont même jusqu’à échapper à leur vigilance pour aller jouer dans la rivière. Malheureusement depuis la fermeture des établissements scolaires, 9 enfants ont perdu la vie par noyade dans le fleuve.

Les autorités locales pointent du doigt les parents qui ne sont pas assez attentifs envers leurs enfants, ce qui conduit à ce genre de drames. Néanmoins entre la survie de leurs enfants qu’ils doivent assurer et leur surveillance qu’ils doivent aussi assumer à cause de la fermeture des établissements scolaires, il est difficile de trouver un équilibre. « Les parents n’ont pas nécessairement les moyens de suivre leurs enfants à longueur de journée. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un environnement où les parents doivent continuer de sortir tous les matins pour chercher de quoi nourrir leurs progénitures malgré le confinement qui est actuellement imposé. En période de vacances scolaires, les parents réfléchissent à des mesures pour occuper des enfants. Du jour au lendemain on a demandé aux enfants de rester à la maison et les parents n’ont pas prévu comment les contenir. Malgré les interdictions, les berges continuent d’être bondées de monde tous les jours à longueur de journée, faites-y un tour à l’instant. Si les chefs traditionnels et les forces de l’ordre ne sont pas mis à contribution, on risque de ne pas beaucoup avancer », a expliqué le parent d’une des victimes.

Ainsi, des mesures doivent être prises pour que cela ne se reproduise plus. A cet effet, le préfet de la Bénoué, Oumarou Haman Wabi, a tenu une réunion de crise avec ses collaborateurs le 14 avril dernier, à l’issue de laquelle il a été décidé d’intensifier les campagnes de sensibilisation envers les parents pour un meilleur encadrement des enfants pendant cette période de confinement. Il s’agira notamment de leur prodiguer des conseils destinés à leur permettre de concilier travail et surveillance des enfants. Le préfet a même été jusqu’à prévenir les familles d’éventuelles poursuites judiciaires si de tels accidents se reproduisaient.

Même si aucun parent ne souhaite perdre son enfant, ce genre d’accidents a tendance à se produire dans des zones à risques celles-là, ce qui est exacerbé par la grande pauvreté des populations qui fait que, malgré la prudence et les recommandations des parents aux enfants, ils n’y peuvent parfois rien. Il est donc question de trouver davantage de solutions qui pourront permettre d’accompagner les parents durant cette crise afin que le risque de noyade des enfants dans cette zone soit considérablement réduit.

Joël ESSIMI.