Syrie : Des enfants meurent de froid à la frontière turque

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Le conflit qui fait rage en Syrie depuis 2011 pousse les populations désespérées à trouver refuge ailleurs. C’est ainsi que ceux voulant se réfugier près de la frontière turque sont confrontés aux rudes températures qui sévissent dans la région.

Selon le communiqué alarmiste de l’ONU, près d’un million de personnes ont été déplacées depuis le 1 er décembre, dont une grande majorité de femmes et d’enfants, « traumatisés et obligés de dormir dehors dans des températures glaciales ».

Les Nations unies à travers la voix du secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires Mark Lowcock, ont lancé ce 17 février à New York un « rare appel dramatique » à propos de la situation des civils dans la province rebelle d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. La crise, dit le texte, « a atteint un nouveau niveau horrible. Nous pensons maintenant que 900.000 personnes ont été déplacées depuis le 1er décembre, dont une grande majorité de femmes et d’enfants. Ils sont traumatisés et obligés de dormir dehors dans des températures glaciales parce que les camps sont remplis. Les mères brulent du plastique pour garder les enfants au chaud. Les bébés et les petits enfants meurent de froid ». On estime à 500.000 le nombre d’enfants et un grand nombre de femmes dans cette situation. À elles deux, ces catégories représentent près de 80% des personnes récemment déplacées.

Bloqués au nord par la Turquie, qui a fermé sa frontière aux réfugiés, qui ne savent pas où loger et n’ont pas d’autre choix que de s’entasser dans des camps surpeuplés ou de dormir dehors dans des camps insalubres, exposés au froid glacial qui frappe la région. Le communiqué a ainsi relevé par ailleurs la souffrance subie par les réfugiés dans ce froid, à cause, notamment, de l’incapacité des camps à abriter des nombres supplémentaires de déplacés.

D’après l’OCHA, près de 82.000 personnes déplacées dorment actuellement en plein air, sous les arbres ou dans les champs couverts de neige. Il y a même quelques jours, un bébé de cinq mois a été retrouvé mort de froid dans le camp de Kalbeet, près de la frontière syro-turque. Ils seraient plusieurs à mourir dans ces conditions, indique le chef des affaires humanitaires et des secours d’urgence de l’ONU.

Dans les camps de fortune de la région, les familles utilisent tous les moyens à leur disposition pour se réchauffer –quitte à mettre parfois leur vie en danger.

Dans la province d’Idleb, l’une d’entre elles a par exemple déplacé un chauffage au gaz à l’intérieur de sa tente pour endiguer le froid, raconte le média Al Jazeera. Le lendemain matin, les parents ont trouvé leur fille de 12 ans et leur petite-fille de 3 ans mortes, intoxiquées au monoxyde de carbone.

Si beaucoup ont fui dans les pays voisins, comme la Turquie ou le Liban, plus de six millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur même de la Syrie. Pour les Nations Unies, « La pire catastrophe humanitaire du XXIe siècle ne peut être évitée que si les membres du Conseil de sécurité et les Etats influents ne laissent de côté leurs intérêts personnels et prennent une mesure humanitaire commune », « L’unique option demeure le cessez-le-feu », ont-ils ajouté.