L’UNICEF lance un appel aux dons pour les enfants soldats du Sud-Soudan

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Depuis la fin de l’année 2013, la guerre civile qui a éclaté dans la région du Soudan du Sud a favorisé l’enrôlement de milliers d’enfants dans des bandes armées, au risque d’être tués. Les 15 enfants libérés le 26 février dernier avaient été enlevés en août dernier par des rebelles. Ces groupes avaient affronté l’armée sud-soudanaise, dans la zone de Raja au nord du pays.

Un nouveau gouvernement d’union nationale a récemment vu le jour ; c’est dans ce processus de rétablissement de la paix que celui-ci tente de secourir ces enfants victimes d’enrôlement : un plan d’action voulant mettre un terme aux violations des droits de l’enfant a à cet effet été adopté.

L’Unicef, mais également la mission des Nations-Unies présente au Soudan du Sud ont participé à cette libération, tout comme la Commission nationale pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR).

Un programme de l’UNICEF soutenu par l’UE aide les enfants soldats au Sud-Soudan. Pendant trois ans, ils seront épaulés dans leur réinsertion alors qu’ils font face aux souvenirs qui les hantent et parfois, à la méfiance de leur communauté. En effet, le retour de ces anciens enfants soldats ne réjouit pas tout le monde, certains les considèrent encore comme des criminels.

« Avec la formation d’un nouveau gouvernement d’unité au Soudan du Sud et, espérons-le, l’avènement d’une paix durable, nous disposons d’une chance en or pour garantir que des enfants ne demeurent pas dans les casernes » a déclaré Mohamed Ag Ayoya, représentant de l’UNICEF du Soudan.

Helene Sandbu Ryeng, membre de la mission Unicef au Soudan du Sud a expliqué : « depuis le début du conflit, l’UNICEF a libéré et réinséré plus de 3600 enfants au total, mais il y en a beaucoup qui sont encore dans la brousse ». Le principal objectif est de leur donner un avenir à travers ce programme de 3 ans qui leur est proposé. « Les trois premiers mois, explique Helene Sandbu Ryeng, on fait des évaluations pour comprendre leur situation ; puis l’on détermine un plan individuel pour chaque enfant, ce qui permet de lui proposer une scolarisation classique ou une formation professionnelle », a-t-elle précisé.

Malgré les efforts de l’Unicef, le programme est sous-financé depuis environ un an. Aujourd’hui, l’institution ne dispose plus des fonds nécessaires pour la poursuite de son programme de réinsertion, d’où l’appel à l’aide lancé il y a peu. Des milliers d’enfants ont déjà bénéficié de ce programme et avec le nouveau processus de paix, de plus en plus d’enfants vont sortir de la brousse et ils auront besoin d’aide pour leur réintégration, « mais sans argent, on ne pourra pas les aider convenablement » déplore Helene Sandbu Ryeng.  L’Unicef ambitionne de collecter 4,2 millions de dollars pour 2 100 enfants-soldats incorporés dans des forces armées.