Le système éducatif du Cameroun impacté par le COVID-19

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L’arrêt systématique des enseignements et la fermeture des établissements scolaires et universitaires aura certes contribué à diminuer les risques de contamination du coronavirus, mais il s’agit d’une mesure qui aura des conséquences significatives sur le système éducatif camerounais.

Il est indéniable que la mesure visant à fermer les établissements scolaires et universitaires était nécessaire, mais elle aura un impact considérable sur le système éducatif du pays si rien n’est fait. C’était l’objet de la rencontre qui a eu lieu à Yaoundé le 25 mars dernier, entre le Directeur du bureau régional de l’UNESCO, Laurent Serge Etoundi Ngoa, ministre de l’éducation de base et Nalova Lyonga, ministre l’enseignement secondaire. Il s’agissait ainsi « d’étudier les solutions alternatives via l’utilisation des dispositifs d’enseignement à distance basés sur les Technologies de l’information et de la Communication (TIC), suite aux dispositions prises par le Gouvernement camerounais d’arrêter les cours en présentiel. »

S’inscrivant dans la dynamique des recommandations, issues de la concertation de la Directrice Générale de l’UNESCO avec les ministres en charge de l’éducation dans le monde, le Directeur Régional de l’UNESCO pour l’Afrique Centrale a rencontré les ministres en charge de l’éducation de base et de l’enseignement secondaire en vue d’échanger autour de l’impact du COVID-19 sur le système éducatif et d’identifier ensemble des pistes de solutions alternatives pour la continuité des services éducatifs.

A cet effet et fort de l’expérience de l’UNESCO tirée dans la mise en œuvre du projet « Education Cannot Wait » (ECW), le Directeur Régional de l’UNESCO a proposé aux autorités ministérielles rencontrées, le recours aux solutions technologiques d’enseignement à distance à travers l’utilisation des TICs. Cette proposition a été suivie par des démonstrations pratiques du fonctionnement de la solution « Avicenne » basée sur des Nanos-serveurs et des classes pédagogiques mobiles capables de fonctionner en ligne et hors ligne et disposant d’une grande autonomie énergétique à travers l’utilisation des panneaux solaires.

L’initiative partagée, les perspectives et les potentialités d’utilisation à grande échelle de cette approche durant cette période et au-delà du COVID-19, ont été accueillies avec beaucoup d’enthousiasme et d’attentes exprimés par les deux ministres rencontrés qui partagent entièrement la pertinence d’une telle approche. Celle-ci permettra en effet au Gouvernement, d’une part de répondre aux urgences d’accès des enfants à l’éducation face à l’impact immédiat de la crise du COVID-19, et d’autre part à anticiper à l’ampleur des besoins éducatifs, qui pourraient résulter du prolongement éventuel du temps de fermeture des établissements scolaires dépendant de la dynamique conjoncturelle liée à l’évolution de la pandémie, mais aussi de surmonter dans le futur le défis d’accès à l’éducation de qualité pour tous.

Les deux ministres rencontrés ont également partagé avec le Représentant de l’UNESCO, les initiatives entreprises récemment au sein de leurs départements ministériels respectifs et qui s’articulent autour des initiatives présentées par l’UNESCO et à cette vision. L’accompagnement de l’UNESCO a été sollicité à plusieurs niveaux, en particulier pour les aspects conceptuels et pédagogiques liés au développement des contenus numériques et à la formation des acteurs de la chaîne d’encadrement pédagogique.

Les ministres en charge de l’éducation de base et de l’enseignement secondaire se sont engagés à faciliter l’organisation d’une rencontre sectorielle et multilatérale de haut niveau qui serait présidée par le Premier Ministre.  L’UNESCO, en étroite collaboration avec les partenaires à l’éducation, fournira les appuis techniques nécessaires à l’organisation de cette importante rencontre qui permettra aux principaux acteurs réunis d’identifier les solutions appropriées, et les stratégies opérationnelles dont la mise en œuvre permettra de relever les défis majeurs.