COVID-19 : les enfants courent un risque accru de maltraitance, de négligence, d’exploitation et de violence, selon l’UNICEF

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L’UNICEF a publié le 20 mars dernier des recommandations techniques visant à aider les autorités à renforcer les mesures de protection des enfants pendant la pandémie.

Dans sa note, l’UNICEF exhortait les Etats à mettre en place des mesures destinées à renforcer la protection de l’enfance, contre les « la maltraitance, la violence sexiste, l’exploitation, l’exclusion sociale et la séparation d’avec les personnes qui s’occupent d’eux », qui pourraient découler des mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, « dans un contexte où les retombées socio-économiques de la maladie s’intensifient. ».

Pour le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, « la stigmatisation liée à COVID-19 a rendu certains enfants plus vulnérables à la violence et à la détresse psychosociale. » En effet, les mesures de contrôles adoptées ne tiennent pas compte des besoins et des vulnérabilités spécifiques des femmes et des filles peuvent également accroître leur risque d’exploitation sexuelle, d’abus et de mariage d’enfants ; des phénomènes qu’on a d’ailleurs du mal à éradiquer en temps normal.

« À bien des égards, la maladie atteint désormais des enfants et des familles bien au-delà de ceux qu’elle infecte directement », a déclaré Cornelius Williams, chef de la protection de l’enfance à UNICEF. « Les écoles ferment. Les parents ont du mal à s’occuper de leurs enfants et à joindre les deux bouts. Les risques pour la protection des enfants augmentent. Ces conseils prodiguent aux gouvernements et aux autorités chargées de la protection un aperçu des mesures pratiques qui peuvent être prises pour assurer la sécurité des enfants en ces temps incertains. »

Dans le cadre de ces orientations, l’Alliance pour la protection de l’enfance dans l’action humanitaire, un partenaire avec lequel l’UNICEF travaille, recommande aux gouvernements et aux autorités de protection de prendre des mesures concrètes pour que la protection des enfants fasse partie intégrante de toutes les mesures de prévention et de contrôle du COVID-19, notamment :

  • Former le personnel des services de santé, d’éducation et de l’enfance aux risques liés à la protection des enfants dans le cadre de COVID-19, notamment à la prévention de l’exploitation et des abus sexuels et à la manière de signaler les problèmes en toute sécurité ;
  • Former les premiers intervenants sur la manière de gérer la divulgation de la violence sexiste (Guide de poche sur la violence liée au sexe) et collaborer avec les services de santé pour soutenir les victimes de violence liée au sexe ;
  • Accroître le partage d’informations sur les services d’orientation et autres services de soutien disponibles pour les enfants ;
  • Faire participer les enfants, en particulier les adolescents, à l’évaluation de la manière dont COVID-19 les affecte différemment afin d’éclairer la programmation et la défense des droits ;
  • Fournir un soutien ciblé aux centres de soins provisoires qui accueillent des enfants et les familles, afin de leur apporter un soutien psychosocial ;
  • Fournir une aide financière et matérielle aux familles dont les revenus ont été touchés ;
  • Mettre en place des mesures concrètes pour prévenir la séparation entre l’enfant et sa famille, et assurer un soutien aux enfants laissés seuls sans soins adéquats en raison de l’hospitalisation ou du décès d’un parent ou d’une personne qui s’occupe d’eux ; et
  • Veiller à ce que la protection de tous les enfants soit prise en compte au maximum dans les mesures de lutte contre les maladies.