Actes de naissance au Cameroun : Obstacles et solutions

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Le constat est alarmant, environ 66,1% d’enfants n’ont pas d’acte de naissance au Cameroun.

La vie civile d’un enfant ne commence qu’à l’obtention de son acte de naissance, une condition sine qua non pour attester de l’existence légale d’un individu ; c’est donc un droit fondamental, ce qui fait d’un individu un citoyen appartenant à une nation, laquelle lui confère des droits spécifiques à celle-ci et le soumet à des obligations qui lui sont tout aussi propres.

Malgré l’importance de cette pièce, certains pays, africains notamment, peinent à garantir un enregistrement de naissances à tous. C’est le cas du Cameroun qui se situe à 66,1% d’enfants sans acte de naissance. En effet, le taux d’enregistrement des naissances des enfants de moins de 5 ans est assez bas, soit 33,9%.

Plusieurs facteurs contribuent à cette situation : d’abord l’ignorance des parents qui est même le facteur principal de cette situation. La plupart des parents, notamment ceux vivant dans les zones les plus reculées, ne voient pas l’importance d’enregistrer leurs enfants à la naissance, quand ils n’ignorent pas complètement l’existence de cette pièce ; tantôt négligence, tantôt méconnaissance des parents de la loi. De plus, il faut noter que dans ces zones rurales sans réelle présence administrative et médicale, les accouchements se font à domicile ou dans des maternités de fortune, ce qui conduit à un taux d’enregistrement de 53% en zone rurale contre 84% en zone urbaine selon l’enquête réalisée en 2014 par l’Institut National de la Statistique (INS).

Pour renverser la tendance, le gouvernement travaille activement avec ses partenaires au développement pour renforcer le système d’état civil. C’est ainsi que 9800 actes de naissance seront délivrés dans la région de l’Adamaoua ; une opération qui se fera jusqu’au mois d’aout 2021, laquelle s’inscrit le cadre du programme d’appui à la citoyenneté active (PROCIVIS), financé par Union Européenne. Par ailleurs, avec l’appui de l’UNICEF, le Ministère de la Santé (MINSANTE) et le Bureau National de l’Etat Civil (BUNEC) ont récemment signé un mémorandum d’entente relatif à l’amélioration des performances des systèmes de santé et de l’état civil. Ce mémorandum va permettre entre autres, d’améliorer le taux d’accouchement en formation sanitaire et le taux de déclaration et d’enregistrement des naissances.

La mise en place de ces programmes permettra d’améliorer grandement l’enregistrement des naissances dans le pays. « La politique gouvernementale voudrait que les administrés n’aient pas de difficultés à se rendre dans un centre d’état civil. Cela signifie que chaque fois qu’on aura constaté que dans une circonscription administrative, il y a des difficultés de distance pour aller se faire établir un acte de naissance, l’administration trouvera le moyen de créer un centre d’état civil », promet le BUNEC.