L’ingéniosité de Bless Awah Chi émerveille tout le monde

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Son génie naturel fascine plus d’un. Ce jeune de 17 ans fabrique sans formation spéciale des engins originaux.
Bless Awah Chi est un camerounais issu des régions anglophones actuellement en proie à des troubles dus aux revendications sécessionnistes. C’est pour éviter de finir victime de cette situation comme beaucoup d’autres jeunes de son âge, qu’il part de sa région d’origine pour trouver refuse auprès de son oncle à New Bell dans la ville de Douala, région du Littoral.
Avec une boite de sardine vide et des baguettes en bois, il construit sa première voiture qui roule lorsqu’elle est tirée par une ficelle. Il évolue ainsi et passe au bambou, au contre-plaqué et ensuite au carton. Il s’améliore constamment selon ses proches, modifiant et remodelant ses fabrication, avec l’espoir de passer à des modèles grandeur nature, c’est-à-dire des appareils véritablement utiles aux camerounais dont il espère faciliter la vie.
« Ce que Bless fait est extraordinaire. Même des enseignants de mécanique ne font pas la moitié de ce qu’il accomplit. C’est pourquoi je l’ai toujours encouragé, en lui fournissant tout le matériel nécessaire », déclare avec enthousiasme Derick Awah Nkeng, frère aîné du petit génie qui s’est déporté avec lui chez leur oncle à Douala. Il y a ainsi devant lui le jour où la foule le découvre un char, une pelleteuse petit modèle, un petit camion benne azur bleu et un jet privé, alimentés de batteries et de petits moteurs qu’il manipule à l’aide de manettes.


Tout commence pendant une période de Noël. Ses parents n’ayant pas assez d’argent pour lui offrir des jouets comme ceux de ses petits voisins, il entreprend de les fabriquer lui-même. « J’ai commencé à observer les vrais véhicules qui roulaient et me suis mis à créer les miens après l’école, durant les week-ends, les congés et les grandes vacances », se souvient-il ; Il a depuis affuté son talent.
Le jeune prodige veut ainsi selon son expression « simplifier » la vie aux camerounais. Il a pour cela fabriqué des robots qui pilent le mil, une pelleteuse avec robot incorporé. De plus, Bless pense à fabriquer des engins qui seront capables de remplacer les hommes dans les chantiers de construction et les menuiseries. Son rêve est désormais de d’achever ses études, se perfectionner dans une grande entreprise européenne ou américaine, et rentrer dans son Cameroun pour construire une usine. « Développer et éradiquer la pauvreté » grâce à des engins made in Cameroon constituent son leitmotiv.
Une collecte de fonds a été lancée par les membres du groupe d’entrepreneurs VKII. 500 euros ont ainsi été rassemblés et serviront à acheter des livres et des outils techniques très coûteux dont Bless Awah Chi a besoin pour sa formation au lycée technique de l’Atlantique à Douala. Grâce à la publicité de cette action de collecte, VKII-Berlin a gagné un partenaire : la prestigieuse organisation internationale à but non lucratif Kamerun4afrikaclub dont le président est le Dr Akuma Saningong. Elle se chargera désormais de payer les frais de scolarité du jeune Bless Awah Chi et le parrainera jusqu’à la fin de ses études et la réalisation de son rêve, celui de devenir ingénieur.