Education : Amadou Tidjani Abakar, l’espoir d’une famille… d’une communauté

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Amadou Tidjani Abakar dans sa salle de classe

Issu d’une famille de 6 enfants, il est le seul à être scolarisé grâce au Programme Accéléré, Alternatif et Inclusif pour les Enfants non Scolarisés (PAAIENS).

Comme de nombreux autres enfants, Amadou Tidjani Abakar, 13 ans, a dû quitter son pays la République Centrafricaine (RCA) suite aux crises. Né dans le village Mbaïki, c’est en 2015 que sa mère, son père et ses 5 frères et sœurs ont été contraints de fuir leur village emportant avec eux leur bétail et quelques effets courants. Effets perdus sur le chemin, la famille ayant dû marcher pendant un mois avant de rejoindre la localité de Yalake toujours en RCA. C’est de là qu’un véhicule les a transportés sous la houlette du sous-préfet de Yalake, jusqu’à Gado au Cameroun.

Selon Maïmouna Oumarou la maman de Amadou Tidjani Abakar, ce dernier avait à peine commencé l’école quand ils ont dû s’enfuir. D’un ton gai, elle raconte que c’est en 2016 que Amadou Tidjani Abakar a été admis au Programme Accéléré, Alternatif et Inclusif pour les Enfants Non Scolarisés (PAAIENS) à Gado. Il avait alors 11 ans. Pour sa maman visiblement fière des prouesses de son garçon, Amadou Tidjani Abakar est un enfant calme, mais surtout intelligent. Ce qui lui vaut d’être le seul enfant scolarisé de la fratrie, pourtant deuxième né.

Amadou Tidjani Abakar et ses frères et sœur, à la maison

Une fois admis au PAAIENS, Amadou Tidjani Abakar s’est fait positivement remarqué de par ses bonnes notes lors des évaluations. Après 2 ans de formation, il a été admis en classe de CM2 à l’école publique Gado-Badzere groupe IB, avec une moyenne de 15,36/20. Le Directeur de l’école publique, Etang Moum, relate que Amadou Tidjani Abakar avait été référé au CM2 de son école par ses collègues qui avaient mis en œuvre le PAAIENS. Parmi les 7 enfants référés, 4 d’entre eux dont Tidjani ont été retenus après évaluation des performances, et 3 ont été rétrogradés.

Ce mardi 27 novembre 2018, bien qu’hésitant, c’est un enfant épanoui que l’on voit assis au premier banc de la classe. A la question de savoir s’il est content d’être à l’école, c’est sans équivoque que Amadou Tidjani Abakar répond « oui ». Aujourd’hui, l’éducation fait partie intégrante de sa vie. Il compte sur cette opportunité que lui a donnée le PAAIENS pour pouvoir « soigner des gens quand [il] sera grand. »

Le PAAIENS, offre d’éducation alternative, a été mis sur pied par l’UNICEF en appui au Ministère de l’Education de Base. Il vise à donner aux enfants de 10 à 14 ans qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école pour des raisons diverses, de pouvoir bénéficier d’un programme accéléré afin d’être insérés à l’école. En fonction de leurs performances scolaires, ces enfants ont ainsi la possibilité de passer au niveau 2 ou 3 du cycle primaire formel et d’achever la scolarité primaire en moins de 4 ans.

Mis en œuvre depuis 2014, le PAAIENS a à ce jour donné l’opportunité à  1125 élèves (dont 319 filles) d’être insérés au cycle primaire formel des écoles de Gado, Lolo, Mbile et Timangolo pour ce qui est de la région de l’Est. Ces chiffres bien qu’encourageants, ne représentent qu’une infime partie d’enfants qui comme le frère ainé d’Amadou Tidjani Abakar, ont besoin de  rattraper le temps perdu et d’achever leur scolarisation primaire.

ENB